Et tu pars, vêtue d’abstractions et d’étranges prières rendre visite aux morts
Je te regarde t’en aller dans une solitude pure drapée de lumière et chargée d’oubli
Dans ce dédale de trous tu ne penses qu’au vert des feuilles des barques, des maisons d’été à un théâtre de carton où silencieuse tu couchais ta peine au pied des arbres des forêts, puis comme au commencement de l’amour tu dépliais la nappe et attendais que le monde se renverse dans tes cheveux
À présent à présent encore tu déposes des herbes fines et des pétales entre les pages des livres qui te font don de leur présence jusqu’à s’achever en toi entre les plis de ton front tout ce que tu ignores sème le désarroi en dessous de ta langue
De qui es-tu l’ombre toi qui n’as pas les yeux bleus avec qui es-tu profondément liée ?
La lumière, l’arbre, le trait, Montréal, l’Hexagone, 2001.
Comment arrive le poème et comment va-t-on vers lui? L’impulsion et le désir qui constituent l’appel au poème, et l’assignation à la tâche d’écrire sont les sujets abordés dans ce recueil de Louise Warren. L’écriture, superbement maîtrisée, pénètre avec justesse et sensibilité le mystère de l’inspiration poétique par l’évocation de l’amour, de l’enfantement et de la mort.
PAUL CHANEL MALENFANT, LOUISE DES JARDINS et JOCELYNE FELX Jury de poésie des Prix littéraires du gouverneur général du Canada 2002
Mentions
2002 La lumière, l’arbre, le trait, finaliste au prix de poésie des Odyssées du livre et au prix de poésie du Gouverneur général du Canada.
Traduction
Extraits de La lumière, l’arbre, le trait (traduction anglaise et espagnole) dans Prometeo. Revista Latino americana de Poesia (Medellin, Colombie), nº 62-63, juin 2002, p. 211-215.
Emplie de silence, d’herbes flottantes, de traits légers, j’essaie de ne pas mourir. J’imagine une sieste dans un hamac profond, un ciel où rien ne pèse. J’essaie le mouvement lent des arbres, j’essaie la joie. Je me prête au monde et n’appuie sur rien. J’oublie. J’accomplis quelque chose.
La pratique du bleu, Montréal, l’Hexagone, 2002.
La pratique du bleu, c’est une ouverture à l’invisible où, peut-être, sans doute, l’essentiel de nos vies se trame; c’est l’urgence de ressentir pleinement les textures du vivant.
Dans cette prose poétique où l’on reconnaît l’élégance, la finesse et la précision qui nous avaient conquis dans Suite pour une robe, La Lumière, l’arbre, le trait et tant d’autres depuis L’Amant gris, l’auteure suggère l’expérience sensorielle comme passage vers une réalité seconde. À travers les inquiétudes, les regards perplexes jetés sur l’environnement immédiat, le bleu apparaîtra moins comme une couleur que comme un lieu, une consistance nouvelle où le calme de l’âme est possible.
TRISTAN MALAVOY-RACINE Estuaire 2002
« Chaque jour on recommence, à partir des mêmes archives de solitude. » Cette phrase de Louise Warren annonce le début d’une quête où le présent gravite autour des multiples nuances émotives. L’écriture devient alors le lieu d’une remise en question, d’un doute qui s’élance à travers une forme d’apaisement. On découvre ainsi dans La Pratique du bleu une prose qui va à l’essence même d’un trajet subtil et inquiet. Il faut peut-être le rappeler : le bleu est la plus profonde des couleurs. Par le biais de la rêverie, les contrastes révèlent une promesse à tenir face au monde.
Tout semble très calme dans ce quinzième recueil de Louise Warren : le rythme de la prose, les images fluides, voire l’espace qui ne cesse de s’ouvrir sur la transparence des gestes attentifs. Plus que jamais, cette poésie murmure un ébranlement existentiel. Elle laisse de côté les détails anecdotiques afin de mieux suivre les contours d’une expérience charnière. Ceux qui ont déjà parcouru Bleu de Delft reconnaîtront sans doute l’autre versant de ce très bel essai.
DAVID CANTIN Le Devoir 2002
Voici un recueil dont chaque mot vibre sous l’effet de la familière et mystérieuse vie qui traverse le quotidien. Un texte beau comme un croisement rêveur d’images de présence et d’absence, un texte qui dessine et réunit l’énigme de vie qui habite nos plus petits gestes. Un livre envoûtant qu’on aimerait pouvoir citer tout entier tant chaque phrase séduit comme un secret demeuré secret et qui pourtant vient tout naturellement à notre rencontre.
NICOLE BROSSARD (présidente), JEAN-MARC DESGENT et GÉRALD GAUDET Jury du Grand Prix 2003 du Festival international de la poésie de Trois-Rivières
Mentions
2004 La pratique du bleu, finaliste au Grand Prix du Festival international de la poésie de Trois-Rivières et au prix Alain-Grandbois de l’Académie des lettres du Québec.
Traduction
Extraits de La pratique du bleu (traduction espagnole) dans Barataria (Buenos Aires, Argentine), 4e année, nº 7-8, décembre 2002.
Soleil partout englobant tout soleil comme un oracle Agua ! Agua ! étranges oiseaux dans les ruines tourbillons d’écume dans les plis de ma jupe Carthagène, labyrinthe de feu je me recouvre de ton eau
Où m’as-tu conduite que je ne puisse plus revenir ?
Je connais ces pigments de plomb le long des arcades ces racines qui pendent au cœur de la nuit je reconnais ce mur qui ressemble à la mort cette étrange lumière devant moi inattendue
Soleil comme un oracle, Montréal, l’Hexagone, 2003.
Des profondeurs sous-marines où elle nous attirait en spirale, elle a tiré des traits de l’objet à la beauté. […] Elle tire sur les rayons du soleil comme un oracle, nous fait partager une sérénité lumineuse dans des chambres et des villes nommées, comme une peau où on se blottirait et qui s’appellerait Carthagène.
VIOLAINE FOREST «Le Bal des oiseaux», CIBL (101,5 FM) 2003
Ce Soleil comme un oracle nous révèle tout un univers sensible qui se construit au gré des circonstances. […] Comme si l’écriture poétique possédait ses propres lois et sa propre logique sans quitter ce qui la retient dans l’ordre de l’émotion. Aussi sommes-nous très loin d’un univers rationnel porté par la voix, et c’est pourquoi les textes témoignent chacun d’un moment ou d’une impression, ou même, et plus encore, d’une expérience qui trace lentement sa voie dans l’imaginaire sans ne jamais rompre ce qui la rattache avec tant d’intensité au monde.
En cela ces textes révèlent des formes presque naturelles de la parole poétique, comme s’il s’agissait d¹une force qui vient s’inscrire au sein des mots à travers leurs associations inattendues. Car il s’agit de scènes quotidiennes qui ont perdu toute leur banalité. Elles portent l’énigme à son plus haut point sans chercher toutefois à la distinguer artificiellement, par des détours rhétoriques, à ce qui relève du plus ordinaire de la vie. D’autant que c’est précisément dans ce plus ordinaire, lorsque s’impose l’attente qui nous tient dans un rapport étroit au monde et à l’autre, qu’émergent avec force ces instants fulgurants des profondeurs qui nous habitent […]
Ces instants ne se construisent pas sur le seul terrain de ce qui les suscite dans le moment de la saisie. Ils nous renvoient en permanence à la mémoire, à cette faculté qui vient densifier l’expérience pour les recouvrir des formes inédites de la parole poétique, parole prête à «m’engager dans mon propre vide ».
PIERRE-YVES SOUCY, poète et éditeur (extrait de lettre) 2003
Traduction
Soleil comme un oracle, traduction espagnole par Silvia Pratt (Mexique). Inédit.
Une collection de lumières (Poèmes choisis 1984-2004) 2005
Coup de cœur Renaud-Bray 2005 !
Je ne fais pas un inventaire de mots, je travaille la lumière pour éclairer ma conscience. Je crois que chaque mot diffuse une clarté qui va de l’étincelle à l’incendie la nuit. À l’intérieur de ce spectre lumineux, il existe une multitude de variations possibles. Une collection de lumières.
LOUISE WARREN TEXTE DU QUATRIÈME DE COUVERTURE
Une collection de lumières (Poèmes choisis 1984-2004), Montréal, Éditions TYPO, 2005.
Coup de cœur des librairies Renaud-Bray 2005.
Celle qui interroge l’intensité en recueille ainsi les degrés, les sauts, les chutes. Fruit d’une sélection passionnée, la collection désigne autant l’activité de prélèvement des objets du monde que celle de recueillement des poèmes. Et le mot lumière se révèle un des noms de l’intensité. En ce sens, la lumière ne s’oppose pas à l’obscurité : elle en est une forme comme la surface est un degré de la profondeur. Le lac, le bleu, la voix, le trait : après plusieurs cycles de mutation, d’engendrement et d’interrogation, une fois assemblés les éléments, une fois profondément acceptés la complexité de l’être et le déplacement constant des contraires, puisque la langue est vivante, la poésie se livre, comme Dans l’eau du soir, à une lente, patiente, incessante recomposition du monde.
ANDRÉ LAMARRE EXTRAIT DE LA PRÉFACE
L’ouvrage se clôt sur un bel inédit, Dans l’eau du soir, long poème à la limite du fragmentaire. Panorama éclairant de cette œuvre importante de la poésie québécoise d’aujourd’hui, le volume parvient à révéler, par une sélection de poèmes avisée, les traits distinctifs d’une écriture qui, habitée par la sensuelle fragilité du vivant ainsi que par sa part d’éternité, grandit loin du vacarme et travaille, en vers et en prose, à « interroger l’intensité ».
B. J. VOIR Montréal 2005
Sans feux d’artifice cependant, sans jamais céder à la tentation du tape-à-l’oeil, Louise Warren travaille verbe et lumière « pour éclairer [la] conscience ». C’est cette dimension prométhéenne de l’œuvre que révèle l’anthologie Une collection de lumières.
STANLEY PÉAN Le libraire 2005
Dans cette perception à la fois sensible et équilibrée du monde, le primat consenti à la lumière garantit les droits de la vie, et en même temps une certaine mise à distance de la profondeur au profit d’un bonheur (amoureux, par exemple) fondé sur la beauté. Le noir reste ancré dans la réalité, il arrive que « tous les mots / subitement / tous les mots s’emplissent / de mouvements noirs », mais vu de « mon monde souterrain / tout ce que je regarde dehors est beau ».
Et Louise Warren regarde dehors.
ANDRÉ BROCHU Voix et Images 2005
Entretiens
À lire : un entretien avec Louise Warren à l’occasion de la parution d’Une collection de lumières sur le site des éditions de l’Hexagone.
À écouter : un entretien de Raymond Cloutier avec Louise Warren, à l’émission Porte ouverte, le 25 mars 2005. Sur le site https://ici.radio-canada.ca/ : choisir Radio, puis Émissions, puis Porte ouverte, puis Poète de la semaine, puis « Rencontre avec la poète Louise Warren ».
Critique
Un commentaire signé Béatrice Libert, sur le site www.maisondelapoesie.be. Choisir l’onglet Revue sources, puis Chroniques, puis Louise Warren.
Toujours ce pont à construire. Ces pierres douces à toucher. Cette ligne d’énergie à émettre.
Une pierre sur une pierre, Montréal, l’Hexagone, 2006.
Avec Une pierre sur une pierre, Louise Warren donne espoir en la possibilité de nous régénérer dans l’épreuve, de refaire notre lien aux choses afin de pouvoir davantage étreindre le monde. Atteindre ce regard qui embrasse se révèle une expérience aussi rare que formidable.
GENEVIÈVE TOUSSAINT Québec français Été 2007
Cette écriture concentrée, qui va à l’essentiel en multipliant les points d’entrée, les lignes de surface, donne à l’ensemble une cohérence exceptionnelle par rapport au nombre infini d’impressions, de saisies, d’approches, d’évocations, qui prennent tantôt un caractère d’aphorisme, tantôt nous parviennent, ou parviennent au lecteur comme des petits blocs de sensations qui ne sont pas moins considérables en raison de l’économie de la langue. Ce qui est tout aussi frappant, et ceci est valable pour l’ensemble de ces textes, ce sont les images et leur puissance de révélation alors que l’expression trouve sa voie dans une radicalité des oppositions, des mises en rapport de deux réalités, qui dans leur distance infinie crée une affinité entre les choses, entre des objets qui n’auraient a priori rien, ou plutôt, en apparence, du moins, rien à se dire : » Mon sommeil comme une valise. » Tout cela parle avec singularité de ces confrontations parfois inusitées, et toujours justes. De même, ces aphorismes / blocs de sensations conservent sinon déploient une ouverture sur le monde et sur la pensée qui ne laisse pas d’étonner au fur et à mesure que l’on avance dans les textes.
PIERRE-YVES SOUCY, poète et éditeur 2006
Entretien
À lire : un entretien avec Louise Warren à l’occasion de la parution d’Une pierre sur une pierre sur le site des éditions de l’Hexagone.
Parfois le présent contient trop de présence, trop de présent. On sent que la lumière entre dans les doigts, que les maisons rétrécissent. Il faut alors orienter le temps, tracer un sentier, creuser un fossé, suivre une fourmi, marcher seule.
« Nous, paroles inquiètes »
Anthologie du présent, Montréal, les éditions du passage, 2012, 231 p. suivi de « Le premier lecteur. Une conversation avec André Lamarre »
Coup de cœur Renaud-Bray 2012 !
Finaliste au prix du Festival de la poésie de Montréal en mai 2013.
Le titre est déjà un petit joyau. Anthologie du présent. Exquise contradiction qui implique une relecture de ce qui est en train de se produire. Voilà bien ce que fait Louise Warren tout au long de ce recueil, que nous dirions ambitieux si la formule ne risquait pas de paraître péjorative. Aucune prétention ici, mais le désir d’embrasser large, d’éclairer les mouvements les plus intimes comme les drames de l’époque. En effet, si les poèmes nous placent le plus souvent dans un état d’extrême attention devant la nature, sa faune secrète et ses rythmes lents, parviendra quand même à nos oreilles, par exemple, le lointain écho des tours de Manhattan en train de s’écrouler. Un livre fascinant, véritable dédale de sens et de beauté calme.
TRISTAN MALAVOY-RACINE, Voir, 24 mai 2012
On regarde le jour qui répand dans des éclats d’éternité rassemblés dans le coeur de cette Anthologie du présent comme on creuserait un océan à la pelle sans s’épuiser. Toute la réalité disponible retrouve la virtuosité des liaisons. Les poèmes s’engendrent dans des appels formels multiples, tous travaillés avec la minutie du calme.
Celle qui juxtapose avec brio la grandeur de la nature à la réalité des sentiments offre ici une poésie très près du réel, du tangible, qui prend sa force dans l’évocation des chimères de l’esprit. « L’écriture aussi perce l’espace », écrit la grande poète.
« Les choix de la rédaction », Le libraire, avril-mai 2012
Avec Anthologie du présent, la poète et essayiste Louise Warren nous offre probablement son livre le plus achevé [qui] comprend plus d’une centaine de textes aux formes et aux longueurs variées, en plus d’une conversation fascinante avec l’accompagnateur privilégié de la poète depuis ses tout premiers débuts, son premier lecteur. Une conclusion originale à ce livre de tous les présents. […]
Tout est finesse et subtilité dans cette publication. Reconnue pour ses livres d’art, la maison des éditions du passage a ici recréé l’art du livre de poésie, laissant les silences, les respirations et le rythme s’imposer, par respect de la parole de l’une de nos grandes poètes. […]
Par l’utilisation de l’objet et du lieu, la poète appelle et nomme l’invisible, le fait apparaître, non pas incarné dans les mots, mais dans la trace qu’ils sculptent en nous, lecteurs.
EntaméAnthologie du présent de Louise Warren (les éditions du passage). Une poète qui a du métier, une jaquette nue, une maison d’édition qui sait y faire. Et les mots s’enchaînent comme une danse. D’ailleurs, dans le chapitre intitulé « Sauts », elle parle de danse : « Le danseur crée par la hauteur de ses sauts le vide qui le sépare du sol. » Tout est dit. Lecture d’insomnies.
JOSÉE BLANCHETTE, Le Devoir, 24 février 2012
C’est un livre qui est assez long et lent, qui prend son temps.
On passe des vers libres à la prose, à des suites, à des courts poèmes très instantanés, à une réponse à une chorégraphie à la fin.
Une poésie qui accompagne, une très belle écriture. C’est un livre qui se boit doucement. La dernière partie, « Nous, paroles inquiètes », est plus éloquente encore sur les thèmes du présent, du temps et de la présence. La fin est un entretien sur le premier lecteur et le travail de la première personne qui rencontre le manuscrit avant qu’il soit publié. Un complément de type essai à travers la rencontre.
C’est vraiment du Louise Warren complet.
MARIE-PAULE GRIMALDI CIBL-FM 101,5 (Montréal) 17 février 2012
j’appelle une présence sans visage j’appelle doucement sans supplier immobile les yeux ouverts
Voir venir la patience, Montréal, les éditions du passage, 2014.
Coup de cœur Renaud-Bray et choix des libraires chez Olivieri !
La mise en mots pose les jalons de l’existence d’un être humain. La brièveté des textes donne un rythme lent à l’ensemble. Ce qui parfois semble le plus abstrait prend corps comme le « silence dans le dos » qui devient très « physique ». La présence humaine est parcellaire, incertaine, presque translucide. […] « Sentir le déploiement du temps » est une des préoccupations majeures de Louise Warren.
NELLY CARNET, Temporel, mis en ligne le 22 septembre 2014
Par sa perfection et sa retenue, Louise Warren touchera celui ou celle qui veut bien retrouver pour un instant la part mystérieuse, indéchiffrable de son existence. […] Tout coule, tout passe et retient son attention, aussi bien les fantômes que la forêt, aussi bien les corps tangibles que les frôlements des « horlas » qui l’accompagnent. Voir venir la patience est une très belle réussite.
RACHEL LECLERC, « La reconnaissance de Louise Warren », Lettres québécoises, automne 2014
C’est tellement extraordinairement écrit qu’on rompt complètement avec le rythme trépidant de la vie urbaine pour retrouver justement la respiration, le temps de vivre.
FRANCE BOISVERT, Au pays des livres, Radio VM, été 2014
Chaque mot évocateur est pesé, soupesé, mais sans lourdeur. C’est même dans la simplicité complète et profonde que la poète atteint cet équilibre presque parfait avec Voir venir la patience. […]
Malgré les inquiétudes, malgré les noeuds et les tremblements, dans la patience de la nuit et la sagesse assumée, Louise Warren se retrouve et nous éblouit encore une fois.
MARIO CLOUTIER, « Entre sagesse et fureur », La Presse, 21 avril 2014
Le titre Le plus petit espace définit exactement l’expérience proposée par Louise Warren, qui conduit son esthétique du peu à ses conséquences radicales : courts poèmes, vers brefs, images précises et concentrées. Sur le blanc de la page, le poème crée furtivement son espace. La reprise de ces apparitions et de ces effacements, de ces montées et de ces descentes, produit une sensation d’infini. Comme si un long poème se déroulait dans le blanc et que seuls ses accents les plus intenses transparaissaient. La composition minutieuse de ces instants inclut les nombreuses formes de cette réduction : le point, le trait, l’éclair, la lettre, le mot, la rature, le pas, le nid, la main, etc.
Présentation sur le site des Éditions du Noroît
Warren capte les signes comme ils apparaissent autour d’elle ou en elle sans dessein de leur imposer un sens; elle nous invite à recueillir leur présence. […] nous sommes dans le plus petit espace, là où rien ne fait écran, les deux mains dans la matière de la vie.
CORINNE LAROCHELLE, Les éditions du Noroît, Bulletin 2017.
Le plus petit espace, pour Louise Warren en quête de l’infime, revient, en quelque sorte, à veiller sur l’unité.
BÉATRICE LIBERT, Journal des poètes (Belgique), 2017.
Le plus petit espace crée l’instabilité, dénonce la parole trop développée, casse la probabilité des images, ouvre le monde jusqu’à son effacement. Un improbable crée une descente et une ascension. Et ce, au plus près de la vérité de l’être dans sa chair et sa pensée.
On est devant une traduction de la face cachée de l’heure, des sens secrètement enfouis dans la fébrilité à laquelle il faut résister, et c’est à partir de cela que cette entreprise de dire s’éclaire. […] Ce très beau recueil écrit au fil de la douceur des heures, troublé par des angoisses qui tiennent du tellurique, du murmure dans les choses parlantes, du souffle du vent et de la pensée, atteint son but qui n’est rien d’autre que de confier sa propre fragilité à celle de l’indécidable de la matière.
Louise Warren trace « une itinérance à travers la fracture ou le minuscule, là où la page fait office de pays habité. Ce lieu n’en est pas moins irradiant entre l’effacement des choses et leur charge affective ».
HUGUES CORRIVEAU, « Poésie », Le Devoir, 14 janvier 2017
Vivaces. Atelier mobile de lecture et d’écriture Éditions du Noroît, 2022
Coup de cœur Renaud-Bray !
À ÉCOUTER : l’excellente présentation de Vivaces par Anne-Marie Aubin, sur canal M.
LA CAMPAGNE DE FINANCEMENT PARTICIPATIF POUR LA RÉIMPRESSION DE VIVACES EST EN COURS. Réservez votre boîtier ! REJOIGNEZ LE SITE DE LA RUCHE POUR CONTRIBUER.
Rejoignez-moi sur ma page Instagram! Entrez dans L’imaginaire des Vivaces !
Pour avoir accès à l’Ajout au livret, cliquez ici.
Pour reproduire la Fiche de rencontre des cartes, cliquez ici.
Vous désirez participer à la tournée de rencontres et d’ateliers : allez à la page À l’agenda.
Que vous cherchiez à nourrir votre élan créateur, à trouver votre voix par l’écriture ou à développer un art de vivre, Vivaces offre un accompagnement qui soutient l’interrogation du présent à partir de l’œuvre de la poète et essayiste Louise Warren. Grâce aux possibilités multiples de ces 99 cartes poétiques et de leurs associations, laissez libre cours à votre intuition et à vos interprétations.
Cet atelier mobile de lecture et d’écriture peut se pratiquer seul·e, à deux ou en groupe. À cette fin, le boîtier comprend :
99 cartes
un livret explicatif
une Cartographie des mouvements
un Index des motifs
Retournez les cartes, explorez, suivez le mouvement !
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Ses Vivaces, un Atelier mobile de lecture et d’écriture, composé d’un boîtier de 99 cartes poétiques […], c’est magnifique !
CLAUDIA LAROCHELLE, « L’actualité littéraire », émission Il restera toujours la culture, ICI Radio, le 9 mars 2026.
Son magnifique coffret publié au Noroît, Vivaces, est un atelier mobile de lecture et d’écriture en 9 mouvements et 99 cartes qui nous introduisent au théâtre intérieur de quiconque saura partager sa quête sensible.
MARIO CLOUTIER, « L’écoute inquiète du monde », La Presse +, le 21 octobre 2023.
On peut tirer des cartes pour trouver des pistes avec ce jeu-là, pour finalement aller plus loin dans sa création, mais aussi dans son art de vivre. C’est-à-dire réfléchir sur ce qu’on est en train de vivre présentement. […] Piger une carte le matin peut nous amener à dire autre chose, à sortir des banalités et finalement aller plus loin dans notre dialogue intérieur.
ANNE-MARIE AUBIN, chronique sur Canal M, la radio de l’organisme Vues et Voix, à l’émission « Aux quotidiens » animée par Hélène Denis, septembre 2023.
J’adore la poète et essayiste Louise Warren, elle est une grande inspiration pour moi. C’est pourquoi j’étais pas mal excitée quand elle m’a offert ces cartes poétiques en primeur. C’est son univers poétique, mis à votre portée. Vous pouvez les utiliser comme oracle ou comme moteur d’écriture.
J’ai eu plusieurs demandes d’entre vous pour des ateliers d’écriture de poésie. Je ne savais pas trop sur quoi appuyer cet atelier. Et puis Louise débarque chez moi avec son atelier mobile, toute vivifiée par son récent succès lors du Marché de la poésie de Paris 2022. Si ce n’est pas un signe de l’univers, me suis-je dit… Je tire une carte pour la photo, et je tombe sur « Aller à la rencontre ».
Je vais offrir cet automne des ateliers d’écriture (donc sans collage!) de poésie à partir de Vivaces, l’atelier mobile. Je vous tiens au courant de la suite, quand j’ai tous les détails. En attendant, courez vous acheter Vivaces à sa sortie, les quantités sont limitées et ça va s’envoler !
STÉPHANIE FILION, infolettre Labo Papier, août 2022.
La poète et essayiste Louise Warren propose un outil créatif et artistique audacieux. Jamais directives, ces cartes sont plutôt des « allées d’émerveillement » à emprunter pour aller discuter avec plus grand que soi et avec l’Autre. […] donc un réel allié pour ceux qui écrivent et souhaitent insuffler un nouvel élan à leur texte; […] qui peut aussi servir d’appui pour la réflexion, qui permet d’interroger autant le présent que soi-même.
Voici quelques images composées par Mélina Schoenborn. Merci à sa magie.
Pour choisir une carte au hasard
Voici une méthode simple.
Inscrivez les chiffres 0 à 9 sur des languettes de carton que vous conservez dans une enveloppe. Elles peuvent dépasser de l’enveloppe comme s’il s’agissait de tirer à la courte paille.
Pour obtenir le numéro d’une des 99 cartes, vous n’avez qu’à prendre au hasard une de ces languettes à deux reprises. Par exemple, les chiffres 1 et 7 conduisent à la carte 17.
Une fois lue, la languette doit être remise parmi les autres, ce qui permet la répétition. Par exemple, le chiffre 2 apparaissant deux fois conduit à la carte 22.
Cependant, si le 0 apparaît en premier lieu, la languette doit être retirée de l’ensemble. Le chiffre suivant conduira à une carte en bas de dix. Par exemple, les chiffres 0 et 1 conduisent à la carte 1.
Cette méthode assure un véritable recours au hasard et permet de conserver les cartes dans leur ordre numérique.