Louise  Warren – Poète et essayiste

éclatements



éclatements
Le Noroît, 2026
En couverture : Stephanie Ferrat, Territoires, 2014. Photographie : Bertrand Hugues.

Coup de cœur Renaud-Bray !

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pour résister
il faut une chaise

noter la secousse
le soubresaut
les recueillir

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TEXTE DU PREMIER RABAT :

Dans ce vingtième recueil, Louise Warren amène le patient travail de la langue au plus près d’une voix inattendue, d’abord presque inaudible, qui émerge des nappes souterraines de l’inquiétude. Par cette installation fragile, elle se prête à une écoute du monde qui la renverse. En soubresauts, les poèmes s’allument et se retirent, laissant derrière eux les traces d’une résistance. La voix se lève, ne cesse de se relever, tel le rebond obstiné d’une pierre sur l’eau. 

En seconde partie, l’échelle du risque s’ouvre comme un retour, creusé à même les stries du temps. Ce chant fluide prend son origine dans l’accompagnement que demande toute fin de cycle.

Dans une méditation rétrospective, l’écriture offre un geste vivace : recueillir l’empreinte avant qu’elle ne se dissolve. 

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Dans son vingtième recueil, la poète et essayiste Louise Warren fait encore un pas de plus dans son éternelle marche avec le vivant. Des profondeurs de la démarche qui mue son oeuvre s’élève une voix inquiète et sensible aux bruits d’un monde qui verse dans le chaos.

LAURIE BÉDARD, « Fracas et regards », Le Devoir, le samedi 29 août, 2026.

Recueillir

Recueillir
Le Noroît, 2025

Lotier corniculé, herbier de Audrey Murray, 2024. Photographe : Éliane Excoffier.

Finaliste aux Prix littéraires du Gouverneur général de 2025 dans la catégorie Essais !

TEXTE DU COMMUNIQUÉ :

Dans une forme ouverte et libre, où surviennent plusieurs visites de l’inattendu, Recueillir de Louise Warren offre l’histoire d’une écriture vécue au présent. D’abord, les gestes d’origine : lire, souligner, prélever, découper, coller. Depuis les premiers journaux, le geste d’écrire est marqué par la pratique du collage et de la citation. Puis, l’attention de l’écrivaine s’élargit aux autres quêtes qui la tiennent en alerte. Les retours de sa mythologie intime. La réflexion sur le fragment. Les échos des livres et de ses lectures. Le rêve, qui accompagne la recherche. L’art poétique et la pensée de la création en acte.

Enfin la contemplation, la méditation. Au terme de la traversée, dans un nouvel espace de lenteur et d’écoute, des poèmes apparaissent tels des lichens retenant et nourrissant le sol.

Écrire pour prendre soin du présent, du vivant, du plus petit ou de l’invisible, tel est mon engagement, tel fut mon abandon, telles sont mes marques d’amour. Je me suis souvent servie de mes incertitudes comme outils de création ou comme moteurs de recherche. Il arrive que l’insomnie ou des rêveries prennent le relais de l’écriture et veillent sur ces énergies de l’ombre, ces mondes du dessous.

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Quand j’ouvre un nouveau livre de Louise Warren, j’entre en état d’éveil. Chaque fois, je me présente à la lecture, curieuse des profondeurs où le texte me conduira. Recueillir est à mon sens un coup de maître de la part de l’autrice tant sa voix est claire, brillante; tant elle communique ses idées, ses interrogations, de manière intime et universelle. À travers sa pratique de la citation, Louise Warren entre en relation avec l’autre, est à l’écoute de ce qui s’écrit en elle et autour d’elle. Elle propose une manière d’être au monde, de l’occuper en vivant, de se renouveler, et de revenir, sans cesse, au lieu de nos rendez-vous.

VALÉRIE FORGUES, « Le lieu de nos rendez-vous », Le Sabord, nº 131, automne 2025.

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C’est cet ébranlement que j’ai vécu en lisant le fabuleux Recueillir de Louise Warren. Cet essai, qui est posé sur ma table de chevet depuis quelques semaines, est l’un des plus beaux ouvrages que j’ai lus cette année. Ce livre, qui prend racine dans le collage et la citation, deux gestes fondamentaux de son travail, nous ramène à tous ces passages de livres qui tapissent nos écritures ou nos imaginaires. […] Elle nomme avec justesse cette étincelle que je cherche aussi dans les livres des autres. […] La lecture est une relation à soi et aux autres. Cette pratique de la citation, qu’elle décrit magnifiquement, est une invitation à être au plus près de nous.

FÉLIX MORIN, « Trouver l’étincelle », Les Libraires, nº 150, septembre-octobre 2025.

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Chez Louise Warren, la pensée est concentrique, c’est-à-dire que plusieurs thèmes reviennent d’une œuvre à l’autre et sont approfondis au cours des quatre décennies d’écriture. Son œuvre se déploie en journaux de pensées, en réflexions sur la création, inventaires de formes. Elle se construit d’une manière organique, si bien qu’un livre en appelle un autre. Tout se construit dans la continuité.

Recueillir se présente en fragments et en vers, et taille ainsi une place à l’essai et à la poésie.

SARAH-LOUISE PELLETIER-MORIN, « Louise Warren en état de grâce », Le Devoir, le 1er février 2025.

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Un livre magnifique ! […] Il y a ce passage extraordinaire qui donne le ton à ce livre-là, alors qu’elle dit : « Derrière un livre ouvert, je me sens protégée. Le livre comble l’espace d’une chambre avec des murs et une porte à moi. » Tout l’art du monde sert à mieux vivre, et c’est ce que je retiens du message de Recueillir.

CLAUDIA LAROCHELLE, chronique sur Recueillir de Louise Warren, ICI Radio, le 4 mars 2025.

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Cet ouvrage pourrait servir de guide ou de manuel pour les aspirant.e.s écrivain.e.s comme si les lettres à un jeune poète de Rilke s’étaient concentrées sur la matérialité de l’écriture. Cette collection de courts chapitres est rédigée dans une écriture sobre, profonde, pleine de dignité, qui recourt volontiers aux phrases courtes et nominales, comme pour mieux marquer son lecteur et laisser une trace.

[…]

Louise Warren capture notre attention avec douceur, à la façon d’un rêve, dans une autre temporalité, qui est justement celle de l’écriture et de la lecture. Chez elle, les mots brillent comme des éclats, craquent comme des brindilles, et nous emmènent dans des labyrinthes dont la forme nous guide sans jamais nous perdre.

FLORE, libraire à la Maison des feuilles, son coup de cœur sur Instagram.

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Cette écriture blanche est aussi celle d’un sujet qui « refuse le théâtral, le dramatique » et préfère l’imaginaire, la solitude et le silence. Un tel dépouillement, obtenu par l’élimination du lyrisme et du pathos, possède une qualité rare : la sincérité.

La forme fragmentaire appelle une lecture lente, patiente, et nous invite à la relecture. Lorsqu’on revient sur certains passages, on apprécie encore davantage la construction du livre, la cohésion de l’ensemble.

[…]

En refermant Recueillir, on sait ce n’est que pour mieux y revenir. Et l’on se dit que Louise Warren est l’une des des écrivaines vivantes les plus importantes au Québec.

SARAH-LOUISE PELLETIER-MORIN, « Du genre des lichens », Lettres québécoises, nº 196, mars 2025.

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Le tout forme un guide pour saisir l’esthétique de cette grande artiste qui publie depuis plus de quarante ans. Un livre à conserver précieusement pour stimuler le processus créatif et pour la citer.

JULIE COLLIN de la librairie La Liberté (Québec), « Les libraires craquent », Les libraires, nº 148, avril mai 2025.

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La ligne d’incertitude

La ligne d'incertitude

La ligne d’incertitude
2023

vois
tu es entourée

la matière palpite

réclame
tes mutations
la traduction du monde

La ligne d’incertitude, Montréal, Noroît, 2023.

Le geste d’écriture résulte-t-il d’une tentative d’appropriation du vivant ? Projet ambitieux, serait-il arrogant s’il n’était dicté que par une humilité qui s’appuie, justement, sur l’incertitude ?

C’est la quête de cet équilibre qui anime les vers chantants et néanmoins vulnérables. Conscience intranquille de notre existence, il est non seulement chemin, contemplation, mais aussi façon de s’inscrire dans le vivant sans s’y imposer. Louise Warren fait la paix avec notre présence – les deuils, les transformations, les travers – et la célèbre, avec tout ce qui bat avec nous : « vois / tu es entourée // la matière palpite // réclame / tes mutations / la traduction du monde ».

ANNICK MARCOUX, « Embrasser les pluies de l’aube », Lettres québécoises, no 191, décembre 2023.

Dans le dépouillement de son écriture, Louise Warren accorde à chaque mot une réelle densité, une vibration unique. Elle se saisit de ces fragilités, tremblements et mouvements de toutes sortes pour apercevoir les lignes de fracture. […]

Chacun des poèmes résonne au diapason de son écoute attentive : le sol recule, la lumière soulève les formes, les ronces percent l’air, l’iceberg parle, la roche devient présence , la neige s’amplifie, les traces disent le réel.

MARIO CLOUTIER, « L’écoute inquiète du monde », La Presse +, le 21 octobre 2023.

Louise Warren aime tenir le moindre objet comme porteur d’un message. […] Calme préhension du vivant, de l’en dessous des apparences. Ce regard intérieur rend disponible la parole minimaliste. […] Très bellement édité, […] ce recueil s’inscrit haut dans la production de cette autrice.

HUGUES CORRIVEAU, Le Devoir, le 19 août 2023.

Il y aurait tant à dire sur ce très beau recueil. […] Les poèmes de La ligne d’incertitude semblent sourdre tout lentement du silence ainsi que d’une solitude vécue […]

Tant ils donnent à voir, on finit par regarder les poèmes de Louise Warren autant qu’on les lit. En fait, dans leur toute simple brièveté, ils n’en finissent plus d’être et de s’inscrire dans une manière de signifiance pure, telle qu’on dirait avec eux les mots libérés de leur banale et usuelle fonctionnalité. Lire et voir.

Ces poèmes ressemblent aux œuvres visuelles, résolument modernes, contemporaines que l’on découvre dans les galeries d’art. Je parle de dessins ou toiles semblables justement à l’illustration courant sur la couverture du recueil. On la doit à Julie Bénédicte Lambert. On y voit des lignes dans lesquelles on peut lentement glisser le regard, laisser danser notre lecture. Une abstraction semblable se rencontre chez Louise Warren. […]

Voilà porté à sa plus simple et parfaite expression l’art du raccourci et de la discrétion.

DANIEL GUÉNETTE, Le blogue de Dédé blanc-bec, le 16 août 2023.